Présentation : Les actions de l'Aten dans le domaine des SIG

Après avoir développé entre 1991 et 1997 pour les parcs nationaux un projet de mise en place des SIG, modélisé et créé les outils nécessaires (Atlas, guides et référentiels), l’Aten a choisi de partager ces compétences vers les autres espaces naturels au travers le Web et de s’appuyer sur ce nouveau média afin de développer un réseau d’échange et de diffusion de la donnée cartographique.
. Les balbutiements des SIG pour les espaces naturels
. Les phases clés de ces dix dernières années ou l’analyse rétrospective sur la constitution des SIG dans les Espaces naturels
. La création et la mise en route du SIG

Les balbutiements des SIG pour les espaces naturels
 
A / L’impulsion :

La demande de départ s’est exprimée en 1990 au niveau national au sein de la DNP (Direction de la Nature et des Paysages). Une demande qui s’articulait autour de trois motivations principales :

1 - Avoir une représentation de la connaissance acquise sur les parcs nationaux
2 - Faire en sorte que cette connaissance soit utilisable dans le cadre d’une aide à la décision
3 - Initier auprès des espaces naturels une approche spatiale de leur territoire, démarche qui vienne compléter une approche traditionnellement plutôt thématique et réglementaire de celui-ci.

B / Les outils :

L’outil informatique de l’approche spatiale des territoires utilisé auparavant pour gérer ce territoire était dérivé de l’analyse spatiale issue de la télédétection en mode raster (à partir de photos aériennes ou d’images satellites), même si en 1991, il y avait déjà l’offre Arc Info de l’éditeur Esri arrivée depuis 1986 sur le territoire hexagonal. Mais la pratique était alors une pratique d’informaticiens et de spécialistes qui maîtrisaient plutôt des outils d’analyse spatiale, et non pas des outils SIG (Système d’information géographique), sur gros systèmes .

C / Les réseaux et la structuration du système :

Parmi les espaces naturels (les réserves naturelles, parc régionaux, parcs nationaux, etc.), très peu de structures (soit environ une dizaine maximum) maîtrisaient et avaient des compétences dans ce domaine, en 1990. Des équipes universitaires, en particulier St Etienne, Nice- Marseille, ainsi qu’un laboratoire de l’Ecole Nationale des Mines de Paris basé sur Sophia-Antipolis maîtrisaient ce sujet. Les équipes de ces différentes structures étaient essentiellement des spécialistes et des chercheurs.

Sur le terrain, il n’y avait pas vraiment de demande à proprement parler des utilisateurs.
 
En résumé :

S’il y avait une demande claire du niveau central, aucune n’apparaissait sur le terrain. Un réseau était réduit à quelques spécialistes et de professionnels comme l’éditeur Esri qui se lançaient dans cette technologie complètement innovante du système d’information géographique (SIG).

Les phases clés de ces dix dernières années, ou l’analyse rétrospective sur la constitution des SIG dans les Espaces naturels
 
A / l’arrivée des satellites de haute résolution :

En 1986 et 1987, Spot et LandSat TM, apportent une alternative et un complément à la photographie aérienne. Cette nouvelle technologie a offert une ouverture différente de laquelle il a fallu s’adapter.

B / Le mode vecteur est venu se superposer, dans l’approche, au mode raster :

Avec l’arrivée d’ArcInfo, on s’est retrouvé tout à coup avec des outils vecteurs qui ont pris le dessus au niveau du marché sans que l’on comprenne réellement pourquoi. On peut faire comme hypothèse qu’en France, ce mode vecteur est venu s’identifier à une culture française de la perception du territoire, de la représentation du territoire, à sa façon de marquer des limites (propriétaires, parcelles).

C / La vulgarisation de l’outil informatique :

On est passé de la station de travail, très chère, qui était réservée à des spécialistes, à des ordinateurs personnels (PC) utilisables facilement et par des non-professionnels de l’informatique, et ce pour un coût tout à fait abordable.

D / La généralisation des Viewer,

Des interfaces de lecture de résultats " les viewers "(ArcView1 par ex.), puis des SIG de deuxième génération (ex. MapInfo, Arcview, Géoconcept, etc…), plus ergonomiques ont permis une utilisation simple, voire "simpliste " des informations géographiques.

E / L’arrivée du monde des réseaux et de l’Internet :

En terme de communication et des outils associés qui se sont développés avec Internet, on s’est retrouvé devant un système, plus ouvert et assez innovant auquel il a fallu s’adapter. Ce système de communication a bouleversé les choix de circulation de données et de l’information sans contraintes de sécurité.

Le choix d’Internet dans la mise en place de Schéma Directeur pour la circulation des informations du Ministère de l’Environnement est essentiel dans le cadre de notre projet. En effet, cela nous a ouvert à des outils complètements différents de ceux proposés auparavant.

Certes, notre projet aurait pu se développer au travers d’un réseau privé, mais certainement de manière très différente, il aurait en effet fallu passer par toute une démarche hiérarchique.

F / Renversement de tendance en matière de disponibilité des données :

On est passé d’une période où il n’y avait pas de données (jusqu’en 98) à une étape où l’on trouve désormais ces données à disposition. Se développent aujourd’hui des démarches volontaristes de partage des données entre partenaires techniques ( CRIGE - PACA, SIG-LR en Langedoc-Roussillon), ainsi qu'entre les administrations d’Etat (démarche de la Datar - des SGAR) au niveau national et régional .
 
En résumé :

En 10 ans, les conditions contextuelles et techniques des SIG ont profondément évolué et fortement influencé le développement du projet des Parcs nationaux.

L’adaptation à ces phases clés a été une condition sine qua non de réussite.

La création et la mise en route du SIG
 
A / La première phase :
  • 1 - Dès 1991 a débuté la mise en place d’un projet commun aux parcs nationaux de SIG , avec une mutualisation des efforts et des expériences.
    • Achats groupés de machine, de logiciels, et formations aux outils,
    • Mise en place d’une animation d’un réseau de techniciens.
    • Pilotage du projet par l’Aten

    En 1996, tous les parcs nationaux étaient opérationnels.

  • 2 - Il fallait que la préoccupation SIG soit intégrée par l’équipe parc. Aussi, la mise en place de personnel permanent dans chaque établissement a été proposée. Ainsi, si au départ, le SIG était principalement pris en charge par des personnels spécialisés mais très fugaces, (il y avait des objecteurs de conscience, des stagiaires), dès 95 des recrutements de techniciens ont été effectués. Cette stabilisation est aujourd’hui la règle et le SDOI (Cf. plus loin) a permis de renforcer cette tendance.

  • 3 - Enfin, il a été mis en œuvre une stratégie pour inciter les parcs à créer de la donnée cartographique. Le programme Atlas est le résultat de cette préoccupation.

B / La deuxième phase : conception et réalisation des Atlas :

La création de la collection des Atlas des parcs nationaux a était intégrée dans le projet dès le départ. Elle ne s’est concrétisée réellement qu’à partir de 1997 et se terminera à la fin de premier semestre 2002. Cinq Atlas sur sept sont aujourd’hui à disposition.
  • 1 - La collecte des données :

    Les atlas rendent compte d’un état de la connaissance du territoire du parc et de sa zone d’influence (Zone centrale et périphérique) - ce qui correspond à l’un des objectifs de la demande initiale- mais cela nous permet aussi de montrer “ que le SIG ça marche ” ! On a utilisé cette étape comme vitrine du SIG. Il n’y a en effet rien de plus triste qu’un SIG, parce que l’on ne voit rien. D’autant qu’à l’époque (jusqu’en 1994-1995), les traceurs ne nous permettaient que très difficilement de sortir les “ belles ”cartes et de monter les résultats à ceux qui finançaient les projets.

    Tous les Atlas ont été créés de la même manière avec une conception normalisée : Collection graphique (Même maquette, même standard de présentation des cartes, même stratégie d’écriture, etc….)

    Les parc nationaux ont dû pour cela maîtriser :
    la chaîne de production “SIG - DAO à la PAO ” - document PDF (2,5 Mo)

  • 2 - La procédure de mise à jour des données :

    L’Atlas est aussi l’occasion de réfléchir et de choisir :

    les procédures de création de la donnée cartographique , de sa validation

    les procédures de mises à jour : Quel état zéro ? quel pas de temps ?, comment se fait la mise à jour et avec quels moyens ?, sur quel support (par exemple, papier ou Web) ? .

    la mise à disposition des données : Pour qui ? quel niveau de précision ? (Problématique de la confidentialité de certaines données), est-on dans une logique d’échange de la donnée ou dans une logique de marché. ?

    La mise sur le Web a permis de faire avancer les deux derniers points.
C - La mise en place de Tableaux de Bord :

Il s’agissait de mettre en place une démarche en tenant compte des différentes approches qui structurent l’information (afin qu’elle soit accessible) et qui facilite la pratique des personnels au quotidien :
  • que l’on soit dans une logique thématique (combien de …, quelle évolution ),
  • ou dans une problématique géographique et spatiale (comment fonctionne mon territoire, comment s’articule les différents éléments spatiaux qui le constituent ?, etc…).




Nous avons, pour notre part, choisi de traiter les deux approches.

a ) le tableau de bord thématique :

L’objectif est de mette en œuvre une procédure qui permet d’accéder aux données et faciliter l’élaboration des réponses aux questions qui sont posées très fréquemment.

Pour cela on a mis en place :
  • un modèle conceptuel et logique de données,
  • une procédure d’enregistrement de ces dernières qui garantisse leur structuration,
  • la rédaction de guide méthodologique d’une démarche de planification territoriale,
  • la création des outils informatiques associés qui permettent aux espaces de suivre, de faire des bilans, de faire remonter l’information par étapes.
L’organisation de la chaîne de traitement des données est la suivante :
  • quels sont les besoins et comment j’y réponds ?
  • Qui saisit les informations ?
  • Comment je mets à disposition,
  • comment je gère les accès...
  • Qui fait quoi ?
On intègre cette démarche dans le temps:
  • Comment je fais fonctionner mon système pour que cela soit toujours faisable dans dix ans ou vingt ans ?
  • La méthodologie devrait continuer à évoluer avec les nouveaux outils qui seront mis à notre disposition dans les prochaines années…
Nous faisons de la veille technologique et mettons en place des prototypes. Enfin, par les formations et l’accompagnement de projet, nous aidons les gens à s’adapter aux outils.



L’Organisation de la chaîne de traitement des données est la suivante:
  • Nous sommes dans une logique, quels sont les besoins et comment j’y réponds ?
  • Qui saisit les informations ?
  • Comment je mets à disposition, comment je gère les accès... Qui fait quoi ?
  • On intègre cette démarche dans le temps. Comment je fais fonctionner mon système pour que cela soit toujours faisable dans dix ans ou vingt ans
La méthodologie devrait continuer à évoluer avec les nouveaux outils qui seront mis à notre disposition dans les prochaines années… Nous faisons de la veille et mettons en place des prototypes et nous aidons les gens à s’adapter aux outils.

b ) le tableau de bord géographique :

Les objectifs sont les mêmes que pour le Tableau de bord Thématique mais orientés vers une planification du territoire. Pour cela, il faut que l’on dispose :
  • d’une part d’une expertise sur le territoire (Quels sont les critères, les thèmes et les données prioritaires pour décrire et expliquer l’organisation spatiale d’un territoire ? )
  • - et d’autre part de questions sur le territoire (que se passe-t-il si ? Comment vont évoluer les habitats si ? etc…).


La logique sous-jacente est celle des SIG, mais son utilisation est facilitée par " l’automatisation des taches ".

L’approche thématique et géographique participe à l’insertion de la géomatique dans l’entreprise. Mais, s’il l’on ne mène pas cette réflexion par rapport à la structuration et au fonctionnement de l’entreprise, elle ne diffuse pas et reste l’activité d’un service.

D / Le schéma directeur :

Il permet de fixer la manière dont l’information doit circuler entre tous les niveaux hiérarchiques. Il précise l’organisation matérielle et humaine des structures de terrain (ceux qui créent la donnée, l’utilise au quotidien et rendent compte) et des niveaux de décision (ceux qui utilisent l’information pour répondre à diverses préoccupations, questionnements, décisions).

Notre travail a été de décliner, vers les établissements parcs, le schéma de service proposé par Ministère de l’Environnement en 1998 (SDI, vers SDOI, vers PI).

Pour un établissement, cela permet de répondre à :
  • Aujourd’hui quels sont les moyens qui sont à ma disposition,
  • Comment cela fonctionne aujourd’hui ?
  • Quel est mon objectif "cible " : comment structurer mon entreprise pour, qu’au bout du compte, à 3 ans par exemple, le réseau fonctionne, les personnes communiquent en interne et vers l’extérieur ?
  • Quel choix pour les serveurs, des matériels, des logiciels,
  • Quels postes et quels métiers,
  • Quelles formations ?.

Fiches de postes :


En 1999, Un SDOI commun aux parcs nationaux a été fait et un PI spécifique proposé à chaque parc pour une période de 3 ans.

E - Les outils mis sur le Web :

L’Aten a proposé un service de boite aux lettres et un serveur de sites Web, ce qui a permis d’élargir notre démarche à tous les espaces naturels.

Consultez l'ensemble des ressources SIG mises sur le Web



Atelier Technique des Espaces Naturels
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Dernière mise à jour : 10/03/2006
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